Alors qu’à l’Antiquité on pensait que les rêves renfermaient un message des dieux et que l’histoire a vu se succédé son lot de croyances et superstitions, depuis moins d’un siècle, de multiples expériences scientifiques sur le rêve et le sommeil ont donner naissance à de nombreuses théories et découvertes.

 

Le rêve est une activité énigmatique qui a intrigué les hommes et les femmes depuis la nuit des temps et a généré d’innombrables théories qui se contredisent souvent mais dont la plupart  apportent un éclairage intéressant sur cet élément fondateur de notre humanité. En effet, la fonction, le contenu, les influences ainsi que la mécanique du rêve ont été étudiées de nos jours par la science. Voyons les principales théories proposées par les chercheurs.

 

Petite définition du rêve

Le rêve est une manifestation d’expériences visuelles, sensorielles, auditives produites par le cerveau isolé de l’interaction de l’environnement extérieur pendant le sommeil et pouvant être partiellement mémorisée.

 

Les théories neurobiologiques sur le rêve

Selon certains chercheurs qui ont étudié le phénomène grâce à l’imagerie cérébrale, le rêve se forme à travers deux principaux facteurs.  En premier lieu, il y a le tronc cérébral qui émet des impulsions nerveuses durant le sommeil paradoxal provoquant l’activation de certaines aires du cerveau comme durant l’éveil.  En second lieu, du fait de cette activation, des neurones qui se mettent en fonctionnement de façon totalement différentes car deux neuromédiateurs actifs pendant l’éveil sont absent cette fois du processus : la noradrénaline et la sérotonine qui ont un rôle de modulation de l’activité neuronales.

Cependant cette théorie ne fait pas l’unanimité. D’autres neurochercheurs comme Mark Solms considèrent que le processus du rêve est indépendant de celui du sommeil paradoxal. En effet il a été observé que des activités oniriques ont été mesurées hors de cette phase de sommeil.

D’autres encore comme le neurobiologiste Jean-Paul Tassin pensent que les rêves sont de très courtes instances qui se formeraient au moment du réveil par une brusque libération des neurotransmetteurs citées plus haut : la noradrénaline et la sérotonine qui étaient justement bloqués pendant la phase de sommeil paradoxal. Ce phénomène selon eux contribuerait à la construction du rêve qui durerait quelques secondes et non pas une vingtaine de minute comme se l’accordent à dire la plupart des scientifiques ayant étudié ce sujet. La longueur du déroulé du rêve ne serait alors qu’un illusion temporelle.

Selon J. Allan Hobson, le rêve est comparable à un délire psychotique dont il serait vain de chercher une interprétation. Il résume le rêve par les cinq traits suivants : une suite d’hallucinations visuelles et sensorielles, une illusion de la réalité, une pensée illogique, des émotions intenses, une difficulté à se souvenir avec précision du rêve au moment du réveil. Certains vont encore plus loin en déclarant que le rêve serait apparenté à une forme de schizophrénie bien que dans celle-ci les hallucinations sont plus de l’ordre de l’auditif que du visuel.

 

Du côté du sommeil paradoxal, terreau de l’activité onirique, certains corrélats ont été établis pour théoriser sur la fonction du rêve.

Dans les années 50, un groupe de chercheurs dirigés par Nathaniel Kleitman ont révélé que l’activité cérébrale est à certains moments aussi intense qu’à l’état d’éveil malgré l’absence de réponse corporelle aux signaux extérieurs. Ils ont constaté que les zones du cerveau sollicitées pendant le rêve sont le tronc cérébral qui contrôle l’entrée dans le sommeil paradoxal, le système limbique lié aux émotions et les lobes occipitaux générant la visualisation d’image.

Dans les années 90, une théorie a été émise par Michel Jouvet qui énonce que le sommeil paradoxal servirait la reprogrammation psychique de la personnalité de chacun. Une autre hypothèse pourtant controversée que le sommeil paradoxal permettrait la fonction de mémorisation et de l’apprentissage car le système limbique fortement impliqué dans le processus de ces derniers et l’est aussi dans le processus du rêve. En partant de cette hypothèse on pourrait peut-être expliquer que des chercheurs aient fait des découvertes scientifiques  pendant leurs songes.

Une autre théorie sur le sujet soutient que le sommeil paradoxal n’aurait un rôle qu’uniquement dans le développement psychique et cognitif de l’enfant pendant la formation de son cerveau. Selon cette thèse, le sommeil paradoxal et par extension le rêve serait qu’un vestige de l’enfance.

 

Composantes émotionnelles et visuelles, sources et inspirations du rêve

Calvin S. Hall et Robert L. Van de Castle ont dans les années 60 établit sur la base de nombreux récits que les rêves ont systématiquement une composante visuelle, dans la moitié des cas une composante auditive mais que très rarement des composantes olfactives et gustatives se manifestaient. Il établirent également que les rêves étaient très rarement influencés par des stimulis externes (sons, toucher, odeur..).Que la plupart comportent des éléments matériels identifiables de la vie éveillée. Qu’ils sont davantage dominés par des émotions négatives comme la peur et l’anxiété plutôt que par des émotions positives. Selon eux toujours, il existe des rêves dit “typiques” comme par exemple être attaqué ou poursuivi, tomber dans le vide etc. que tout adulte aurait fait au moins une fois dans sa vie.

Selon Tore A. Nielsen et Philippe Stenstrom, l’unique source du rêve est la mémoire, nous rêverions que de ce que nous déjà vu ou vécu, ce qui apparaît peu probable au vu des innombrables récits qui atteste le contraire. Cependant une expérience menée dans les années 50 penche du côté de l’influence de notre environnement quotidien sur nos rêves. En effet, à cette époque de la télévision en noir et blanc, lors de l’étude la majorité des gens avaient déclaré ne rêver que rarement voire jamais en couleur. Ce postulat n’étant pas tout à fait vrai, il n’est pas pour autant tout à fait faux car notre culture, nos souvenirs marquent notre vie de tous les jours mais aussi notre vie nocturne mais nous ne pourrions limiter la dimension du rêve à cela sachant que la science est actuellement qu’au balbutiements de la découverte de nos capacités cérébrales.

 

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Catégories : Rêves et science

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