Des rêves prémonitoires à l’origine de grandes découvertes scientifiques

Albert Einstein et Niels Bohr

Même les hommes de sciences font des rêves prémonitoires. Des rêves ont bouleversé la face du monde, vous ne le croirez peut-être pas et pourtant si…

Certains pensent encore que les rêves ne sont qu’une suite de scènes et d’images ne faisant aucun sens  et n’ayant aucun but pertinent pour notre intelligence, relevant plus d’un délire compensatoire de notre inconscient pendant notre sommeil. Il fut un temps d’ailleurs où la définition du rêve dans le Larousse Médical Illustré était la suivante : « Désordre psychique à contenu absurde et sans valeur pratique. » Pourtant, des découvertes scientifiques majeures ayant révolutionné nos sociétés ont été inspirées par le biais de rêves. Voyons les plus stupéfiantes d’entres-elles…

 

La structure moléculaire du benzène 

Vous ne vous en doutez probablement pas mais le benzène est un corps chimique utilisé dans d’innombrables industries, enfin moins aujourd’hui fort heureusement à cause de ses effets toxiques pour l’homme et l’environnement… Le benzène sert à l’industrie pétro-chimique, l’automobile, le traitement textile, l’impression numérique, la production de caoutchouc, l’industrie de l’armement et bien d’autres encore.

Pendant des années, les scientifiques ont essayé de déchiffrer la structure moléculaire du benzène parce qu’ils étaient presque sûrs que cela pourrait changer le monde. Cependant, toutes les configurations de molécules qu’ils ont essayées n’ont pas fonctionné, un problème que Friedrich August Kekule a rapidement rencontré lors de ses propres expériences à la moitié du 19ème siècle. Jusqu’à ce qu’il ait reçu l’aide d’un rêve de serpents… Probablement épuisé après tant de recherche ironiquement entravées par les lois de la structure chimique qu’il avait lui-même trouvées des années auparavant, Kekule a décidé de faire une sieste au coin du feu. Une fois endormi, il fit un rêve dans lequel il était entouré de serpents qui se formaient en hexagones. Il réalisa au réveil qu’ils figuraient la forme de la molécule de benzène qu’il recherchait désespérément.

 

La théorie de la relativité

On dit qu’Albert Einstein, lorsqu’il était adolescent, a rêvé qu’il se promenait dans une ferme quand il est tombé sur un troupeau de vaches blotties contre une clôture électrique. Un agriculteur a soudainement mis la clôture en marche et Einstein a vu toutes les vaches sauter en arrière en même temps sous le choc de l’électrocution. Supposant qu’il avait été témoin d’une sorte d’acrobatie de vache synchronisée, Einstein raconta ce qu’il avait vu à l’agriculteur, qui se tenait à l’autre bout du champ. Mais ce que le fermier avait vu était différent – il avait vu les vaches sauter l’une après l’autre, formant une vague ( comme on fait la hola lors d’un match de football pour simplifier – NDLR). Après avoir ruminé le problème pendant un certain temps, il supposa que les événements sont différents selon l’endroit où l’on se trouve en raison du temps qu’il faut à la lumière pour atteindre la vue de l’observateur. En d’autres termes, la théorie de la relativité.  Einstein a dit que toute sa carrière n’était qu’une méditation prolongée d’un rêve qu’il avait fait étant adolescent. Et ce rêve n’était d’ailleurs pas le seul, il rêva également qu’il était sur une luge descendant une pente raide et enneigée et lorsqu’il approchait la vitesse de la lumière, toutes les couleurs se mélangeaient en une seule. Inspiré par ce rêve, il consacra une grande partie de ses travaux à savoir ce qu’il se passait quand on approchait la vitesse de la lumière.

 

Le cartésianisme

Qui aurait crut que René Descartes, à l’origine du cartésianisme ou autrement dit le père du rationalisme moderne ait été inspiré par une succession de rêves ? C’est grâce à son ouvrage magistral, Le discours de la Méthode, à qui l’on doit le fameux « Je pense, donc je suis » que le raisonnement scientifique moderne a pris racine. Né à une époque où la vérité n’était établie que par la contrainte du dogme de l’église catholique, Descartes a alors 23 ans lorsqu’il eut une nuit agitée par trois rêves ayant influencé l’œuvre de sa vie, ce qu’il déclara dans des écrits. Dans le premier rêve, il fût assailli par des fantômes alors qu’il marchait dans une rue. Épouvanté, il sentait une faiblesse du côté droit qui le forçait à s’aider de son côté gauche pour se rendre à l’église quand une violente tornade l’en repoussa. Puis devançant un homme de sa connaissance sans l’avoir salué, il décida de revenir sur ses pas pour le faire quand un homme apparut et lui dit de ne pas aller le rencontrer sans lui offrir quelque chose en échange. Descartes pensa alors à lui offrir un melon. C’est alors que Descartes se réveilla dans sa chambre chauffée par un poêle à bois puis sombra à nouveau dans le sommeil. Dans son second rêve, il fut terrifié par un terrible coup de tonnerre au point de le réveiller et bien à temps puisque que le poêle fusait d’étincelles qui se répandaient dans la chambre en passe de provoquer un incendie qu’il put éviter grâce à l’alerte donnée par le songe qu’il venait de faire. Se rendormant à nouveau, le troisième rêve encore plus étrange vint à lui. Dans ce dernier, il trouva un livre sur sa table dans lequel était écrit  « Quod vitae sectabor iter » (Quel chemin prendre dans la vie ?). Puis un homme se présenta à côté de lui et dit « Est et non » (Oui et non). L’homme et le livre ont ensuite disparu, laissant Descartes réfléchir à l’inutilité apparente de cette réponse. Ces rêves, consignés dans un document qu’il gardera précieusement jusqu’à sa mort, Descartes les prendra très au sérieux. En les analysant quelque peu, on y voit la métaphore de toute la démarche philosophique de son œuvre .

 

Le tableau périodique des éléments

Dmitri Mendeleïev, chimiste russe célèbre pour avoir été le créateur du tableau périodique des éléments, rapporta l’avoir vu en songe alors qu’il s’évertuait durant des années à trouver un modèle de classification jusqu’alors insaisissable. Il vit un tableau où tous les éléments se mettaient en place selon leurs caractéristiques. Quand il s’est réveillé, il l’a immédiatement écrit sur un bout de papier. La vision de son rêve était si précise, qu’elle lui avait même révélé l’existence de certains éléments qui n’avaient pas encore été découverts. Ils étaient placés dans son tableau périodique en fonction de leur poids atomique, mais ceux-ci n’étaient pas encore connus à l’époque.

 

La structure de l’atome

Niels Bohr, physicien danois contemporain d’Albert Einstein et pionnier de la physique quantique avait essayé à de nombreuses reprises de comprendre la structure de l’atome, mais aucune de ses configurations n’avait fonctionné. Puis, une nuit, il a rêvé d’un noyau d’atome représenté par son propre corps avec des électrons tournant autour de lui comme autant de planètes tournant autour de leur soleil. Au réveil, il a eu l’intuition que cette vision était enfin la bonne. Il est retourné à son laboratoire pour mener des expériences qui prouvèrent sa nouvelle théorie. « Niels Bohr a raconté qu’il avait développé son modèle atomique de l’atome en se basant sur un rêve où il était assis sur le soleil avec toutes les planètes formant autour de lui de minuscules cordes», peut-on lire dans un document publié à l’Institut de Technologie du Massachusetts (MIT).

 

Photo de couverture : Albert Einstein et Niel Bohr –  crédit Pixabay

 

LIRE AUSSI :

 

Le pouvoir créatif des rêves ou l’invention de la machine à coudre

Le saviez-vous ?

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *